MARIE-JOSEÉ LORD À L’OCM

  • Ce concert sera d’une durée approximative de 94 minutes, comprenant un entracte de 20 minutes.
  • Les prix incluent les frais de service et les taxes.
  • Les artistes et le programme sont sujets à changements sans préavis.
  • L’achat de billets est non remboursable, non échangeable.
  • Veuillez noter que chaque billet gratuit ajouté pour enfant doit être accompagné par un billet acheté d’adulte.
  • La station de métro Berri-UQAM et la salle Pierre-Mercure sont accessibles pour les personnes à mobilité réduite.

Le concert :

Dans le cadre du Mois de l’Histoire des Noirs, ce concert mettra en lumière la soprano canado-haïtienne Marie-Josée Lord, accompagnée de l’orchestre sous la direction de Kalena Bovell, cheffe afro-américaine et hispanique. Ce programme émouvant mettra en valeur des œuvres marquantes de compositeurs afrodescendants, dont William Grant Still et Florence Price.

La deuxième partie du concert présentera Honey and Rue, un poignant cycle de chansons d’André Previn, avec des textes de Toni Morrison, explorant le « doux et amer » de la vie et de l’amour dans l’expérience afro-américaine.

Présenté par :
En collaboration avec :

Répertoire :

Boulogne, J. Chevalier de St-George – Symphonie concertante en do majeur, op. 9 no 1
Grant Still, W. – Mother and Child
Price, F. – Symphonie pour cordes en sol majeur
Previn, A. – Cycle de chansons Honey and Rue

Artistes :

Marie-Josée Lord, soprano
Kalena Bovell, cheffe

Notes de programme :

Écrites par Olivier Bergeron

Né en Guadeloupe d’une mère africaine et d’un père aristocrate français, Joseph Bologne, Chevalier de Saint-Georges, fut l’un des violonistes et compositeurs les plus renommés du Paris de la fin du XVIIIᵉ siècle. Admiré pour sa virtuosité, son élégance et son charisme, il occupa une place centrale dans la vie musicale parisienne. Sa Symphonie concertante en do majeur illustre parfaitement un genre alors très en vogue, qui allie l’ampleur symphonique à l’éclat concertant de plusieurs solistes. Écrite pour deux instruments solistes et orchestre, l’œuvre repose sur un dialogue brillant et équilibré, porté par une écriture claire et raffinée. Le premier mouvement, vif et affirmé, s’inscrit dans les formes classiques tout en étant animé par une grande vitalité rythmique. Le mouvement lent central offre un contraste expressif, laissant s’épanouir une cantilène lyrique d’une grande noblesse. Le finale, enjoué et plein d’esprit, met en valeur la virtuosité des solistes et le sens dramatique du compositeur. Proche par le style de Haydn et Mozart, Saint-Georges affirme néanmoins une voix personnelle, marquée par l’élégance, la clarté et une énergie communicative.

William Grant Still, souvent surnommé le « doyen des compositeurs afro-américains », fut une figure pionnière de la musique américaine du XXᵉ siècle. Actif dans les domaines du concert, de l’opéra, du cinéma et de la radio, il chercha toute sa vie à forger une voix authentiquement américaine, intégrant des éléments issus des traditions afro-américaines à des formes classiques. Mother and Child est une œuvre brève et intimiste qui met en lumière son talent mélodique et sa sensibilité expressive. Plutôt que de raconter une histoire précise, la musique évoque avec douceur et pudeur le lien universel entre une mère et son enfant. Les lignes mélodiques chantantes, soutenues par une orchestration délicate, créent une atmosphère de tendresse et de calme intérieur. Des inflexions harmoniques subtiles apportent profondeur et émotion sans jamais sombrer dans l’excès. Still privilégie ici la simplicité et la clarté, laissant l’émotion naître naturellement de la musique. La dimension modeste de l’œuvre renforce son impact, invitant l’auditeur à une écoute attentive et contemplative. Mother and Child illustre avec éloquence la conviction de Still que la musique peut exprimer des expériences humaines partagées avec dignité et sincérité.

Florence Price fut la première femme afro-américaine à voir une symphonie interprétée par un grand orchestre américain. Sa musique conjugue avec finesse la tradition symphonique européenne et des éléments inspirés des spirituals et des rythmes de danse afro-américains. La Symphonie pour cordes en sol majeur met en valeur sa maîtrise de l’écriture pour cordes et son sens aigu de la forme. Structurée en plusieurs mouvements, l’œuvre allie clarté classique et chaleur expressive. Les thèmes lyriques s’y déploient avec naturel, soutenus par des textures riches mais toujours équilibrées, qui soulignent le caractère chantant de l’ensemble. Les mouvements rapides se distinguent par leur énergie rythmique, parfois teintée de syncopes, tandis que les passages plus lents offrent des moments de réflexion et de douceur mélodique. L’orchestration, d’une grande finesse, permet à chaque pupitre de s’exprimer pleinement sans surcharge. Accessible tout en étant solidement construite, cette symphonie témoigne de l’engagement de Florence Price envers une écriture soignée, expressive et profondément personnelle, et occupe une place importante dans le répertoire pour orchestre à cordes.


André Previn mena une carrière exceptionnelle en tant que compositeur, chef d’orchestre et pianiste, naviguant avec aisance entre musique classique, jazz et musique de film. Honey and Rue est un cycle de mélodies pour voix et orchestre sur des textes de Toni Morrison, qui met en évidence sa grande sensibilité à la poésie. L’œuvre aborde des thèmes tels que la mémoire, l’amour, l’identité et le désir, dans une atmosphère intime et introspective. Les lignes vocales, proches de la parole, sont souples et expressives, épousant naturellement le rythme du texte. L’orchestre, utilisé avec retenue, apporte couleur et profondeur sans jamais dominer la voix. Le langage harmonique oscille entre chaleur tonale et ambiguïté délicate, enrichi de subtiles influences jazz. Chaque chanson constitue une vignette émotionnelle distincte, tout en participant à un arc expressif cohérent. Honey and Rue est une œuvre d’une grande finesse, où musique et poésie se rejoignent pour offrir une expérience d’écoute profondément humaine et méditative.

Textes de Toni Morrison : HONEY AND RUE

1. First I’ll try love.

Although I’ve never heard the word referred to,

even whispered to me, first I’ll try love.

When winter comes and sundown becomes my time of day,

if anybody asks, I can say: first, I tried love.

2. Whose house is this?

Whose night keeps out the light in here?

Say, who owns this house?

It’s not mine.

I had another sweeter, brighter,

with a view of lakes crossed in painted boats;

of fields wide as arms opened for me.

This house is strange. Its shadows lie.

Say, tell me, why does its lock fit my key?

3. The town is lit.

The players begin to make music in all the cafés.

Clowns on wheels linger to steal

foxes that click on the curb.

Lovers expecting the night to protect them,

the moon too far to disturb.

Trees in the park dance after dark

to music in all the cafés.

4. Do you know him?

Easy, easy.

He’s easy to take, to mistake.

So easy.

Do you know him?

He lasts.

How long? So long, so long.

I know him.

5. I am not seaworthy.

Look how the fish mistake my hair for home.

I had a life like you.

I shouldn’t be riding the sea.

I am not seaworthy.

Let me be earthbound, star-fixed,

mixed with sun and smacking air.

Give me the smile, the magic kiss

to trick little-boy death out of my hand.

6. Take my mother home.

Take my mother on home.

I ain’t free; never mind about me.

Take my father home.

Let my father see his home.

Don’t worry about me.

Take my sister home.

Take my brother home.

I ain’t free; it don’t matter about me.

I wish I had me a fast-footed horse,

a veil to wrap my mind.

Take my baby home.

Home. Home.

1. D’abord, j’essaierai l’amour.

Bien que je n’aie jamais entendu ce mot prononcé, ni même murmuré pour moi, d’abord j’essaierai l’amour.

Quand l’hiver viendra et que le crépuscule

deviendra mon heure du jour, si quelqu’un demande, je pourrai dire : d’abord, j’ai essayé l’amour.

2. À qui est cette maison ?

Quelle nuit y tient la lumière à distance ?

Dis-moi, à qui appartient cette maison ?

Elle n’est pas à moi.

J’en avais une autre, plus douce, plus lumineuse,

avec vue sur des lacs sillonnés de barques peintes, sur des champs larges comme des bras ouverts pour moi.

Cette maison est étrange. Ses ombres s’étendent.

Dis-moi, pourquoi sa serrure accepte-t-elle ma clé ?

3. La ville est illuminée.

Les musiciens commencent à jouer

dans tous les cafés.

Des clowns à roulettes s’attardent pour voler

des regards qui claquent sur le trottoir.

Des amants attendant que la nuit les protège,

la lune trop lointaine pour troubler.

Les arbres du parc dansent après la nuit tombée

au rythme de la musique dans tous les cafés.

4. Le connais-tu ?

Doucement, doucement.

Il est facile à aimer, facile à confondre.

Si facile.

Le connais-tu ?

Il demeure.

Combien de temps ? Si longtemps, si longtemps.

Je le connais.

5. Je ne suis pas faite pour la mer.

Regarde comme les poissons

prennent mes cheveux pour un refuge.

J’avais une vie, comme toi.

Je ne devrais pas naviguer sur la mer.

Je ne suis pas faite pour la mer.

Laisse-moi rester liée à la terre, fixée aux étoiles, mêlée au soleil et à l’air vif.

Donne-moi le sourire, le baiser magique

pour tromper la mort enfantine hors de ma main.

6. Ramène ma mère à la maison.

Ramène ma mère chez elle.

Je ne suis pas libre ; ne t’inquiète pas pour moi.

Ramène mon père à la maison.

Laisse mon père revoir sa maison.

Ne t’inquiète pas pour moi.

Ramène ma sœur à la maison.

Ramène mon frère à la maison.

Je ne suis pas libre ; cela n’a pas d’importance pour moi.

Je voudrais avoir un cheval rapide,

un voile pour envelopper mon esprit.

Ramène mon bébé à la maison.

Maison. Maison.

Musicien•ne•s du concert :

Violons 1
Marc Djokic*, violon solo
Ana Drobac1, violon solo associée
Tara-Louise Montour
Simon Alexandre
Valérie Belzile

Violons 2
Marianne Di Tomaso2, solo
Isabelle Bouchard3, solo associé
Nourit Lacroix
Béatrice Dénommée

Altos
Thierry Lavoie-Ladouceur, solo
Samuel Hogue, solo associé
Nayiri Piloyan

Violoncelles
Chloé Dominguez, solo
Marieve Bock4, solo associé
Thomas Beard

Contrebasse
Étienne Lafrance

Flûte
Jocelyne Roy

Hautbois
Élise Poulin

Clarinette
Jean-François Normand

Basson
Carmelle Prefontaine

Cor
Laurence Latreille-Gagné

Trompette
Samuel Heverton Martins

Trombone
Yori Lang 

Percussions
Sebastien Lamontagne

Harpe
Elena Anger

* Commandité par Marie-Christine Tremblay et Jacques Marchand.

  1. Ana Drobac joue sur un violon Jean Baptiste Lefebvre de 1766 et avec un archet de Charles Louis Bazin fait pour Granier, ca. 1930, marqué au fer « GRANIER », généreusement prêtés par le groupe Canimex INC. de Drummondville (Québec).
  2. Marianne Di Tomaso joue sur un violon Nicolas Lupot, Orléans, c.1788 et avec un archet de violon Georges-Frédéric Schwartz c.1835-40 marqué STRASBOURG gracieusement mis à sa disposition par la compagnie CANIMEX INC. de Drummondville (Québec).
  3. Isabelle Bouchard joue sur un Violon Paolo Castello de 1772 et avec un archet de Gustave Bernardel généreusement mis à sa disposition par la compagnie Group CANIMEX INC. de Drummondville (Québec), Canada.
  4. Mariève Bock joue un violoncelle Charles Adolphe Maucotel, Paris, 1849, « Ex-Pierre Fournier » et un archet de violoncelle Claude Thomassin fait pour Caressa & Français, Paris, ca. 1910, gracieusement mis à sa disposition par la compagnie CANIMEX INC. de Drummondville (Québec). 
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